Tour de France : Les Alpes les attendent
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Après une première partie de Tour de France exceptionnelle, les coureurs et favoris restants arrivent vers les juges de paix de cette édition. Trois étapes de très haute montagne les attendent dans les Alpes. Lors des deux premières semaines, les surprises furent nombreuses, les attentes envers certains coureurs encore plus fortes, mais dans ces sommets alpestres, les leaders risquent de très rapidement être seuls entre eux.
Des sommets mythiques seront une fois de plus franchis cette année. Certains perdront toute ambition sur les pentes du Galibier ou de l’Iseran, à coup sûr. Un vrai combat de chaque instant s’annonce, à plus de 2500 mètres d’altitude parfois.
18ème étape. Embrun – Valloire, 208 kilomètres
Grâce à une configuration qui ressemblera fortement à une étape de légende effectuée en 2011, les classements généraux devraient bouger à l’issue de cette première étape alpestre. Il y a même fort à penser qu’il s’agit de l’étape reine de cette 106e édition de la Grande Boucle.
Mais arrive-t-elle trop tôt ? Les favoris ne vont-ils pas se regarder comme ils ont pris trop souvent l’habitude de faire dans des étapes aux scénarios que l’on annonçait « fous » ? C’est sûrement sans compter sur l’arrivée à Valloire, jugée juste après la périlleuse descente du Galibier.
En partant d’Embrun à près de 800 mètres d’altitude, les coureurs respireront une dernière fois un air non bariolé d’oxygène. Ils débuteront dès le kilomètre 74, l’ascension du col de Vars (9,3 kms à 7,5%) pour passer une première fois au-delà des 2000 mètres d’altitude. S’en suivra la descente vers Guillestre sans le moindre répit, puisque le col d’Izoard sera ensuite escaladé. Ce sera le premier mythe franchi dans cette journée, l’ascension du col haut-alpin (14kms à 7,3%) en provenance du sud. Les coureurs passeront donc par la légendaire « Casse déserte ».
La tension sera sûrement à son comble lorsqu’il faudra descendre vers Briançon afin de chasser les électrons laissés libres dans cette étape. Le Lautaret ne sera qu’une formalité et un faible amuse-gueule du Galibier, le grand, l’unique. La montée vers les 2642 mètres du géant (23 kms à 5,1% en comptant le Lautaret) ne sera pas la finalité. Il faudra redescendre ce même Galibier par son versant nord, où la victoire et la quête du classement général amènera les coureurs aux avant-postes à des vitesses presque mirobolantes…

Légende : Le Galibier et ses terres hostiles (par Netperk – Licence Pixabay)
19ème étape. Saint-Jean-de-Maurienne – Tignes, 126,5 kilomètres
Une étape courte et nerveuse, comme ASO en fait de plus en plus. Le dynamisme attendu de cette étape se différenciera sans aucun doute de celle de la veille. Au programme, 90 kilomètres de dénivelé positif dès le début de l’étape, avec en point d’orgue, la cathédrale des Alpes, le col de l’Iseran (13 kms, 7,5%). Les leaders que sont Nairo Quintana ou Richie Porte, réputés attentistes jugeront peut-être bon de délaisser leurs habitudes et d’attaquer dans cette montée mythique. En effet, des secondes de bonification y seront attribuées, à 2770 mètres. Dans ces lieux d'exception, toutes les actions d'ASO et de l'organisation du Tour de France prendront encore plus de sens. Le Tour souhaite avancer et devenir un des bons élèves du développement durable. En effet, depuis plusieurs années, les zones de déchets obligent les coureurs à jeter leurs détritus à des endroits précis où un ramassage aura lieu, la populaire caravane du Tour utilise elle, de moins en moins de plastique. Liées à une "journée de la Terre" dont la portée est grandissante, ces actions sont aujourd'hui fortes de sens, notamment dans ces lieux protégés. La pureté de ces lieux et la beauté de ce que nous offre la planète à ces endroits n’altéreront en rien la rage des Bardet et compagnie, au moment de regarder leurs concurrents dans le blanc des yeux.

Légende : L’Iseran sera le plus haut sommet de ce Tour (par Jan Hering, licence Pixabay)
Les hauteurs franchies depuis le col de la Madeleine risquent de fatiguer et d’épuiser certains favoris à la couronne finale. Si l’arrivée à Tignes (7,4 kms à 7%) reste abordable et roulante sur la fin, nul doute que les kilomètres effectués avant, ajoutés à la nervosité presque évidente du groupe de leaders auront un rôle important dans les derniers hectomètres.
20ème étape. Albertville – Val Thorens, 130 kilomètres
Un feu d’artifice pour une conclusion parfaite ? Pour la première fois dans l’histoire du Tour, trois arrivées auront donc lieu au-delà des deux kilomètres au-dessus du niveau de la mer. La haute montagne et ce 106ème Tour de France ne font qu’un. En partant d’Albertville, Beaufort sera franchi. Les paysages y seront comme depuis plusieurs jours, sublimes. Le Beaufortain offrira en apéritif la montée du Cormet de Roselend (19,9 kms à 6,6%). Enfin, la côte de Longefoy permettra définitivement de rejoindre la vallée de la Tarentaise pour que ses routes sonnent l’apothéose de cette Grande Boucle.
Au pied de Moutiers, le dernier col de cette édition, là où les ultimes forces seront jetées. Il faudra rejoindre la station de Val Thorens à 2365 mètres, au prix d’une montée interminable de 33,4 kilomètres à 5,5% de moyenne. La station savoyarde offrira donc toutes les conclusions, tous les futurs titres de journaux et tous les émois des fans de cyclisme. Oui, le vainqueur sera connu à l’arrivée dans la station des sœurs Goitschel.