Cofidis voit double à Besançon
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L’équipe nordiste remporte la Classic Grand Besançon grâce à Jesùs Herrada. Son coéquipier Victor Lafay prend la deuxième place devant le grand animateur du jour, Alexis Vuillermoz. Déception en revanche pour Thibaut Pinot, incapable d’influer sur le cours de la course.
Pour sa deuxième édition, la Classic Grand Besançon présentait un plateau d’une intensité rare pour une si jeune course. Ben O’Connor, Thibaut Pinot et Tim Wellens en tête d’affiche et un parcours redouté. L’an passé, le leader de la Groupama-FDJ avait regretté une épreuve pas assez sélective pour espérer s’imposer et les organisateurs l’ont entendu en dessinant pour cette édition 2022 un tracé pour puncheur à tendance grimpeur. Au menu notamment le col de la Malate et ses pourcentages à 17% que tout le monde appréhende et que le peloton devra franchir à deux reprises.
Et force est de constater que la pente d’un peu plus de trois kilomètres a joué son rôle. Si le premier passage a permis à un groupe d’échappés de se montrer et aux favoris de se jauger, le seconde ascension a fait le film de la course. Dès les premiers mètres, les AG2R-Citröen accéléraient sans parvenir toutefois à faire exploser ce qu’il restait du peloton. L’équipe dirigée aujourd’hui par Jean-Baptiste Quiclet a passé la journée aux avant-postes. Si cela s’entend au vu des coureurs alignés (Nans Peters, Lilian Calmejane, Clément Champoussin ou encore Aurélien Paret-Peintre en plus de Ben O’Connor) et du statut d’équipe à (a)battre, il aurait peut-être été préférable de laisser une ou plusieurs autres équipes prendre la course à son compte.
Rapidement, le tempo des AG2R-Citröen ne suffit plus et ce sont alors les hommes de Total Energies qui prennent les devants et provoquent une course par élimination. Des dégâts sur le peloton pas assez rapide pour Victor Lafay qui plante une première banderille, lui qui venait de réintégrer le groupe de tête après un ennui mécanique. Quatre hommes arrivent à suivre pour former un quintet de fière allure avec, en plus de Lafay, Ben O’Connor, Alexis Vuillermoz, Steff Cras (Lotto-Soudal) et Jesus Herrada. Thibaut Pinot, quant à lui, est distancé irrémédiablement, probablement encore marqué par sa chute sur le circuit de la Sarthe la semaine dernière. Le rêve de le voir lever les bras ici, à quelques kilomètres de chez lui et alors qu’il fêtait ses 1000 jours sans victoires prend fin de manière abrupte.
Après le retour d’un petit groupe sur les hommes de tête, Cofidis va réussir un coup de maître : se faire oublier alors qu’ils sont en supériorité numérique. Alexis Vuillermoz abat un travail considérable et mène la danse durant la quasi-intégralité de la montée. Malheureusement pour le natif de Saint-Claude, son train ne distance personne et ses attaques manquent de tranchant. Ben O’Connor, annoncé comme le favori du jour, tentera bien de fausser compagnie à tout le monde à deux kilomètres de l’arrivée, mais cela ressemblait davantage à une tentative désespérée qu’à une réelle chance de l’emporter. Même constat pour les attaques trop molles de Matteo Badilatti puis de Rudy Mollard sous la flamme rouge.
Dans le dernier kilomètre, Alexis Vuillermoz fait figure d’épouvantail mais sa dernière attaque dans les ruelles ensorcelantes du village de Montfaucon ne distance personne. Elle permet même à Jesùs Herrada, discret au possible jusqu’ici, de placer un contre. Une attaque incisive qui cloue ses collègues d’échappée sur place. Tous sauf un, Victor Lafay, qui prendra le sillage de son coéquipier pour s’adjuger la deuxième place.
Grâce à une discrétion à toute épreuve et à un parfait sens du timing, Cofidis signe son premier doublé de la saison, la première victoire en 2022 également pour Herrada.
Demain, sur le Tour du Jura, nul doute que les autres équipes les auront à l’oeil. En particulier Axel Zingle, récent vainqueur de la Route Adélie et désigné comme le leader de son équipe

Réactions d'après course
Jesus Herrada (Cofidis) : « Quand j’ai reconnu le final jeudi, j’ai vu que c’était un profil qui pouvait me convenir. C’est un plaisir de partager cette victoire avec Victor (Lafay). C’est un très bon résultat pour l’équipe qui a fait un super boulot. J’ai connu un début de saison compliqué en contractant la COVID notamment. Mais la forme revient, c’est positif pour la suite. »
Victor Lafay (Cofidis) : « Cette deuxième place est synonyme de victoire. Quand on fait un doublé, le goût est le même. L’équipe a été parfaite du début jusqu’à la fin. Pour ma part, j’ai déraillé à deux reprises dans le deuxième tour de la montée finale et j’ai dû faire des efforts pour rentrer dans le groupe de tête. J’ai malgré tout eu les jambes pour mettre quelques attaques et puis Jesus a attaqué au meilleur moment… »
Alexis Vuillermoz (TotalEnergies) : « Je suis très satisfait de cette troisième place mais plus encore de la manière avec laquelle je suis allé la chercher. L’arrivée ne présentait pas forcément un profil pour moi mais j’ai été en mesure de durcir la course, c’est la preuve que les jambes sont bonnes. L’équipe Cofidis n’a pas été dominante, loin de là, mais elle a su se montrer opportuniste. Courir juste, c’est aussi ça le vélo. »
Par Anthony Georges (photo : Yoann JEUDY - Sosuite)