Paris-Roubaix : les favoris de la rédaction

Catégorie : World Tour - News
Publié le samedi 8 avril 2017 18:00
Écrit par Rédaction

 

 

 

John Degenkolb (Romanom)

Déjà cité à plusieurs reprises dans cette rubrique, John Degenkolb, sans pour autant être ridicule a toujours manqué d'un petit quelque chose pour aller chercher la gagne ou au minima un podium. Sur Milan - San Remo, il coince comme beaucoup lors du démarrage de Sagan. Lors du Ronde, il craque à la pédale et laisse partir le trio Naesen-GVA-Sagan alors que la victoire est encore envisageable.

 

Mais ce dimanche c'est une toute autre course qui commence. Une course au profil unique : Paris-Roubaix. Pas de Poggio, de Kwaremont ou de Paterberg, le terrain plat et pavé est idéal pour le coureur Allemand qui a déjà levé les bras sur le vélodrome en 2015. Le point d'interrogation majeur pour Degenkolb reste sa capacité à encaisser une course de mouvement qui partirait de loin, scénario fort envisageable au vu des précédentes courses et du fait que Quick Step fera tout pour rendre la course usante.

 

Le gros point positif pour Degenkolb, c'est le potentiel de son équipe. Avec Felline qui se révèle sur ce terrain, Stuyven et Theuns, en plus de Degenkolb, l'équipe américaine possède, quatre coureurs de haut niveau pour les classiques pavés. Je me contente pour l'instant de parler de potentiel car au contraire de Quick Step qui a couru brillamment en équipe, chez Trek, chacun a semblé joué sa carte de son côté révélant au passage des limites pour aller décrocher une victoire.

 

C'est pourtant en misant sur son sprinter allemand que l'équipe américaine aura les plus grandes chances de succès ce dimanche. Si elle s'y décide et réussi à accompagner Degenkolb le plus loin possible, l'allemand sera très difficile à prendre en défaut et en cas d'arrivée en petit comité sur le vélodrome, j'en fais mon grand favori.

 

Tony Martin (Tontonstou)

Vous en avez marre des favoris qui dominent les flandriennes depuis deux mois maintenant ? Place à un outsider ce dimanche, place au Panzerwagen. L'ami Tony Martin n'a pourtant pas réalisé une campagne flandrienne folichonne : la faute à des problèmes de placement, la faute aussi aux chutes qui ne lui ont pas trop permis d'exprimer sa puissance, la faute enfin à son manque de caisse et sa faiblesse dans les Raidards des 200+km. Mais dimanche, ce sera plat. Dimanche, Tony Martin sera dans son élément.

 

Dimanche, Tony Martin pourra sans difficulté faire parler sa faiblesse tactique qui a une moindre importance dans les 100 derniers kms, là où il faut juste appuyer plus fort que les autres sur les pédales. Seul problème : il doit arriver seul sur le vélodrome de Roubaix pour l'emporter. Mais pourquoi pas ? Les cadors se neutralisent, T-Mart s'en va dans le Carrefour de l'Arbre. Jeu, Set et match Deutschland, ce serait mérité pour ce très sympathique coureur qui devra néanmoins l'espace de quelques heures oublier la nécessité de prendre du vent pour l'armada Quickstep.


Tony Martin pour la Gagne, en solo, à la Van Summeren 2011. J'ai dit.

 

Oliver Naesen (Charles Marsault)

Derrière les monstres Greg Van Avermaet et Peter Sagan, Oliver Naesen semble pour moi être le coureur le plus à l'aise sur les classiques flandriennes depuis le début de saison, mais aussi celui qui dégage la plus belle impression de puissance.

 

7ème du Het Nieuwsblad, 8ème à Kuurne, 6ème d'A Travers la Flandre, et 3ème de l'E3, le pensionnaire de l'équipe Ag2r-La Mondiale, joue placé depuis le début de saison, et malgré une chute dans le final du Tour des Flandres, il a montré qu'il était le seul, avec Van Avermaet, à pouvoir tenir la roue de Peter Sagan, lorsque ce dernier a accéléré dans le Oude Kwaremont.

 

Au vu de cela, je le vois bénéficier demain du marquage entre le champion du monde et le champion olympique, ce qui lui permettra de s'imposer en solitaire sur le vélodrome de Roubaix.

 

Peter Sagan : (Bertrand Guyot)

Il est étonnant – et volontiers un brin provocateur - de se dire que, paradoxalement, Peter Sagan est en train de passer à côté de sa campagne de flandriennes. Pourtant la sommes des victoires et accessits de mars suffirait à combler n'importe quel cycliste professionnel : victoire sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne, victoire sur 2 étape de Tirreno-Adriatico, 2e sur le Het Nieuwsblad, 2e d'un Milan San Remo qu'il a dynamité sur le Poggio, 3e de Gand-Wevelgem et du People's Choice Classic. Excusez du peu.

 

Oui, mais voilà, Peter Sagan n'est pas n'importe quel coureur ! Et il n'est pas faire offense que de dire que malgré tous ses glorieux accessits, ce que l'on attend du double champion du monde c'est la victoire. Et seulement la victoire, toute autre place sonnant désormais comme un échec de sa part.

 

Le Slovaque est la star du peloton, celui vers qui se braquent tous les projecteurs. Et il en joue. Sauf qu'à force d'en jouer, le Slovaque semble un peu perdu. Entre déclarations chocs, provocatrice et coups d'éclats, il donne l'impression de se disperser au détriment du sportif. Impérial physiquement, fébrile tactiquement, telle est l'impression qui se dégage de ses flandriennes pour le moment.

 

Mais le sportif est un être orgueilleux. Les grands champions exacerbent ce sentiments jusqu'à son paroxysme. Dimanche a lieu Roubaix, course qui n'a jusqu'alors jamais souri au Slovaque. Et si c'était finalement la meilleure chance pour Sagan ? Moins attendu, moins épié que ne le sera Tom Boonen, vers qui tous les regards vont un temps se poser, le leader de Bora-Hansgrohe pourra bénéficier d'une marge de manœuvre plus importante. Aujourd'hui, il dégage une telle impression de puissance musculaire, qui fait que l'on imagine aisément un démarrage tout en puissance dans le Carrefour de l'Arbre, pour une victoire en solitaire à Roubaix.

 

Et à ce moment-là, sur le vélodrome qui l'applaudira cœur battant, la campagne des flandriennes de Sagan se transformera en grande réussite.

 

Scott Thwaites (Liam)

Bon rouleur, endurant, assez rapide au sprint Scott Thwaites s'oriente rapidement et naturellement vers les courses du Nord qu'il affectionne et qui correspondent parfaitement à ses qualités. Il fera notamment parti des survivants de la mythique édition 2015 de Gand-Wevelgem, qu'il terminera 17ème entouré des Leukemans, Sénéchal, Démare, Hayman. Un premier petit cap.

 

Mieux, depuis l'an dernier, il fait montre d'une grande régularité. Et sa série de places d'honneur sur l'exercice 2016 n'a rien à envier à celle d'autres noms plus ronflants : 10ème à Kuurne, 2ème au Samyn, 8ème d'A Travers les Flandres, il intègre le Top 20 du Tour des Flandres pour la première fois en avril. Passé chez Dimension Data à l'intersaison, le britannique a cette fois commencé à pointer dans les classements de courses plus prestigieuses, comme en témoigne son étonnante et détonante 10ème place aux dernières Strade Bianche, au milieu des meilleurs coureurs mondiaux. Le passage d'un cap qu'il vient de confirmer dimanche dernier sur le Tour des Flandres, terminé à la 16ème place mais dans le groupe se disputant la 5ème, à quelques secondes seulement du podium.

 

Discrètement, dans l'ombre des plus grands, Scott Thwaites s'affirme petit à petit comme un coureur régulier sur ces courses cabossées et exigeantes. Dimanche, il prendra le départ de son 3ème Paris-Roubaix avec un début de saison plus convaincant que son leader supposé, Edvald Boasson Hagen. Dans une course où, plus qu'ailleurs, il est permis de rêver, l'occasion sera pour s'affirmer encore un peu plus comme un vrai leader de son équipe.

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  • mon favori: BOASSON HAGEN Edvald

  • Tony Martin ? Je n'y crois pas. Je sais bien que Cancellara n'est plus-là, mais je ne pense pas que Tony Martin soit son substitut. Et puis, la "Pascale" s'apprivoise au préalable, et si l'on souhaite un jour en triompher. il faut pouvoir digérer ses échecs précédents, les assimiler et même les optimiser. Concernant Sagan, ce dernier n'a jamais fait la moindre perf à Roubaix jusqu'à maintenant, au contraire de Van Avermaet, 3ème à Roubaix en 2015, un résultat similaire à celui du Tour des Flandres, obtenu une semaine auparavant . Après la grosse surprise de l'an passé, force sera de revenir aux fondamentaux, à savoir les spécialistes qui gravitent autour du Top 5. Quelques noms ? Sep Vanmaarck malheureusement out, les Stybar, Boom, Stannard, Boason Hagen... sans oublier Niki Terpstra, déjà vainqueur en pareil théâtre. Mais pour y parvenir, il faudra s'être joué des plus rapides des routiers et en cas d'arrivée "nombreuse" (entre 5 à 10 coureurs), ils sont quelques-uns à prétendre au trophée/pavé, le reliquat que chaque lauréat conserve précieusement, tant la symbolique est omniprésente dans cette course à nulle autre pareille. Rendez-vous dimanche pour la résolution de l'énigme, dans un nuage de poussière...