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[Récit] Nicolas Chatelet raconte sa Ronde de l'Isard

 

 

La rédaction de Velo-Club inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique, dédiée aux récits de courses des coureurs. Qu'ils soient professionnels ou amateurs, de nombreux pratiquants viendront toute l'année alimenter celle-ci, à commencer par Nicolas Chatelet du Team Payname, qui nous raconte sa Ronde de l'Isard. La course s'est achevée il y a un tout petit peu plus d'une semaine, sacrant le belge Bjorg Lambrecht devant les français Matthias Le Turnier et Léo Vincent. Cette épreuve qui comportait trois étapes de montagne et une étape plus que vallonnée, a offert un superbe spectacle, chaque jour, avec en plus, des conditions météos changeantes, entre le froid, le vent, la pluie ou encore la canicule.

Plusieurs coureurs du Sud Ouest, dont certains membres de Velo-Club, ont participé à cette épreuve, avec plus ou moins de chance. Ils ont accepté, pour nous, de faire le récit de leur Ronde de l'Isard.

 

 

Voilà, comme prévu, petit récit pour parler de la Ronde de l'Isard, c'est une course par étapes Espoir UCI qui se déroule sur les routes d'Ariège et de Haute-Garonne, une véritable référence pour les grimpeurs. Il y a donc du beau monde au départ avec des équipes professionnelles, des réserves d'équipes professionnelles, des DN1, des comités départementaux etc... Il y a trois équipes régionales avec Blagnac, l'Occitane et Payname.

Pour ma part c'est la seule fois où je pourrais y participer car c'est ma dernière année espoir, c'est donc un réel objectif pour lequel je me prépare depuis maintenant plusieurs mois, sur le vélo mais aussi sur les à-côtés.

 

La première étape se déroule entre Saint Girons et Goulier Neige.

 

C'est donc une étape plutôt plate dans son ensemble avec pour finir une montée sèche de 9 kilomètres à environ 8% de moyenne.

Les consignes le matin sont assez simples, essayer de rester placé dans le peloton et attendre la montée finale pour situer notre niveau et voir ce que l'on peut envisager pour la suite.

Dès le début de l'étape, le peloton est très nerveux, il y a des risques de vent de côté, les routes sont assez étroites et ça roule vite, de mon côté bien qu'étant parti en première ligne, je me retrouve vite dans les cinq derniers du peloton, place à laquelle je resterai un bon moment. Au bout de quelques kilomètres une échappée de quatre se constitue et prend vite le large. Nous ne les reverrons qu'à cinq kilomètres du pied du dernier col. Derrière, c'est l'équipe de Roanne qui impose le rythme et avec le vent de coté le peloton se tend dangereusement mais ne cassera pas.

Au kilomètre 50, on tourne à droite et nous prenons le vent de dos, c'est à ce moment qu'il y à une grosse accalmie, tout le monde s'arrête pour satisfaire des besoins naturels, j'en profite pour faire de même. Après une dizaine de kilomètres à ce rythme, les grosses équipes s'organisent et imposent un rythme régulier, soutenu, qui permet de stabiliser puis de réduire l'écart avec les échappées. Arrivé à Tarascon, on entame la vallée de 15 kilomètres qui mène à la dernière ascension, tout le monde essaye de se replacer, c'est super nerveux, il y aura d'ailleurs trois grosses chutes en 10 kilomètres... Chez nous, on a de la chance, en effet personne n'est pris dans celles-ci, on est donc encore cinq et les moins grimpeurs d'entre nous placent les autres (sourire).

Arrivé au pied de Goulier, nous sommes tous assez bien placés, devant ce sont les colombiens qui impriment un rythme soutenu qui a pour effet de faire fondre sérieusement le peloton. Au bout de trois kilomètres d'ascension, nous sommes un peu moins de quarante dans celui-ci. Je me ferai lâcher 1 kilomètre plus loin et finirai ma montée à mon rythme avec un gars d'Aix et un de l'équipe de France. Je finis l'étape à la 38ème place à 2'38, Jolibert 62ème à 4'53, Born 78ème à 6'45, Metro 88ème à 8'55 et Gleizes 118ème a 13'14.

Voici mon strava de la course : https://www.strava.com/activities/584679382.

 

La deuxième étape qui part de Roques et arrive à Ax 3 Domaines

 

Après avoir vu qu'à la pédale nous étions un peu juste pour envisager une bonne place au général, nous devons essayer d'aller dans les échappées afin d'entamer le premier col de la journée avec un peu d'avance. Born et Metro se glisseront dans quelques coups, mais malheureusement rateront le bon, de mon coté ça roule vite et durant la première heure de course, qui sera parcourue à près de 48 de moyenne, je ne quitterai pas la dernière place du peloton et donc ne pourrai pas les aider à suivre les coups. La bonne échappée partira sans nous. Même scénario que la veille en milieu d'étape après dis kilomètres de détente, l'équipe du maillot jaune place un coureur à rouler pour contrôler l'écart avec les échappées. A l'approche du premier col (7 kilomètres a 7%), nous essayons de nous replacer. Pour ma part je me replacerai au pied du col m'étant fait enfermer avant. Ce col se montera à un rythme régulier mais soutenu. En haut il ne reste plus qu'une cinquantaine de coureurs dans le peloton dont Jolibert, Metro et moi. S'en suit un long faux plat montant jusqu'au col du Chioula où ça roule vite et où nous nous accrochons pour ne pas nous faire lâcher.

Malheureusement Metro payera ses efforts faits en début de course dans les tout derniers kilomètres du Chioula. Les coureurs de Chambery ont décidé de faire la descente du Chioula, il y a des cassures de partout, la connaissant par cœur, j'arrive au bas de celle-ci avec le groupe maillot jaune d'une dizaine d'unités qui chasse derrière les coureurs de Chambéry. Malheureusement au pied de Bonascre, je merde avec mes vitesses et déraille, obligé de descendre du vélo. Je perdrai contact avec ce peloton mais me ferai aussi doubler par tous les petits groupes qui se sont créés dans la descente. Je repars à quelques secondes de Jolibert qui m'attendra et nous effectuerons la montée ensemble avec un gars de Chambéry. Au classement de l'étape Jolibert fait 43ème , moi 45ème , Metro 73ème , Born 91ème ,Gleizes 109ème .

Voici le strava : https://www.strava.com/activities/584679443

 

Nicolas Chatelet à l'ouvrage dans l'ascension vers Ax-3-Domaines

 

La troisième étape se déroule entre Trie sur Baise et Boulogne sur Gesse.

 

C'est, soit disant, l'étape de transition mais il n'en sera rien, la chaleur et les nombreuses bosses du Gers rendront cette étape compliquée. L'objectif aujourd'hui est d'être dans l'échappée. On se doute qu'elle ira au bout comme presque tous les ans, celle ci se créera au kilomètre 3 et sera composée de quatorze coureurs, nous ne sommes pas bien placés sur la ligne et ne pouvons donc pas la prendre. Avec Gleizes nous essayerons à plusieurs reprises de relancer des contres mais nous ne partons jamais à plus de deux, trois coureurs et c'est donc impossible de rentrer. Au bout d'une heure de course le peloton se relève et l'échappée prend irrémédiablement le large avec un écart atteignant jusqu'à 6 minutes.

Un coureur devant étant à 2'30 au général on sait que ça va se mettre à rouler fort. Vivian Born qui n'a pas bien récupéré des jours précédant sera distancé du peloton et ne pourra pas finir cette étape dans les délais. Au kilomètre 100, à l'approche du circuit final, le peloton réagit, à partir de ce moment là ça roulera fort jusqu'à l'arrivée sous l'impulsion de l'équipe du maillot jaune. Sur le circuit final il y a un peu de vent et lorsqu'il est de côté, le peloton se tend et certains coureurs ne peuvent suivre le rythme, ce sera notamment le cas de Jolibert qui est victime de la chaleur. Dans le dernier tour et dans la seule bosse du circuit, les colombiens décident de faire exploser le peloton, la bosse se monte au sprint. Au pied nous sommes mal placés et c'est dommage car en haut je basculeraisà une vingtaine de mètres du groupe de vingt, composé de tous les favoris et ne parviendrai jamais à rentrer... Un deuxième peloton se forme donc derrière avec Gleizes, Metro et moi même, nous rallierons l'arrivée dans ce petit peloton. Metro finira 47ème, Gleizes 51ème, moi 61ème et Jolibert 94ème.

Le strava : https://www.strava.com/activities/584679427

 

La dernière étape se déroule entre Eaunes et Saint Girons.

 

Après les coups de soleil d'hier, aujourd'hui nous devons affronter la pluie, le froid et la grêle, le changement est brutal (sourire). Au briefing le discours est clair, on prend le départ de cette étape à quatre, on la finit à quatre et encore aujourd'hui le but est d'essayer d'être dans l'échappée, je décide donc de partir dans une tenue assez légère pour pouvoir faire la course et ne pas être en surchauffe. Comme d'habitude, le départ est très rapide, sauf qu'aujourd'hui j'arrive à faire la course à l'avant et me hisser dans pas mal de coups, malheureusement la bonne de cinq partira sans nous. Metro tentera de rentrer seul, mais il lui manquera quelques mètres.

Arrivés au kilomètre 50, on prend un gros orage de grêle et à partir de là, ce sera un véritable calvaire pour moi. Je n'ai pas eu le temps de remettre mon K-way et cette erreur me sera fatale, impossible de me réchauffer et de m'alimenter. Au kilomètre 60, le peloton ralentit un peu, je décide donc de m'arrêter pour satisfaire un besoin naturel et remettre mon K-Way. Malheureusement je commence à voir trouble et à vraiment avoir froid, je ne reverrai jamais le peloton qui s'est très vite remis à rouler. Je reste donc dans les voitures comme je peux jusqu'au pied du col du Portet d'Aspet. On est à 80 bornes de l'arrivée et je suis dans la pampa sans aucun coureur en point de mire, ça risque d'être long. Très vite, je rattrape des gars de l'équipe de France qui me disent qu'ils abandonnent, donc je continue ma route à mon rythme.

En haut du Portet d'Aspet je me retrouve avec Tsumura, un coureur de l'équipe du Japon que nous côtoyons régulièrement et qui lui aussi veut finir l'étape. Nous continuons donc notre chemin ensemble avec le directeur sportif du Japon derrière nous. Heureusement car ça me rassure, en effet dans la descente du Portet d'Aspet, j'ai vraiment froid et je sens que je ne suis plus du tout lucide, je n'arrive plus à lire les panneaux sur le bord de la route, ce sera le cas jusqu'à l'arrivée... Même dans la montée du col de la Core, je ne parviendrai pas à me réchauffer, mais les copains qui m'attendent sous le déluge en haut me redonnent un peu le moral même si je ne comprends pas vraiment ce qu'il se passe. Avant d'entamer la descente le directeur sportif du Japon me donnera son gros blouson qui me permettra de finir à la limite des délais dans un état second, je ne me rappelle plus vraiment des détails mais il paraît que ce n'était pas beau à voir (rires). J'apprendrai après que Jolibert lui de son coté aura fait un véritable numéro, ratant le groupe des favoris avant le pied du Portet d'Aspet à cause du placement, il partira ensuite seul et remontera de nombreux coureurs pour finir à une belle 16ème place, Metro et Gleizes finiront dans un groupe, respectivement à la 46ème et 51ème place, moi à la 62ème sur 63 classés. Il y aura eu 40 abandons sur cette étape.


Le strava : https://www.strava.com/activities/584679461

 

D'un point de vue personnel, le bilan de cette Ronde de l'Isard est dans l'ensemble très positif, j'y suis arrivé en forme avec de bonnes sensations. Malgré des places loin d'être exceptionnelles par rapport aux coureurs que l'on côtoie habituellement, j'étais au niveau où j'espérais être. J'ai par contre eu beaucoup de mal à digérer la déception de la dernière étape où je n'ai pas pu montrer ce que je voulais. Cependant, avec le recul, je pense que vivre une étape comme celle-ci et ne pas avoir abandonné m'aura certainement permis de passer un cap. Ce sont ce genre de choses que Max essaye de nous transmettre depuis cet hiver.

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