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[Témoignage] : Damien Gaudin vous raconte son Paris-Roubaix 2013

photo : Thomas Ducroquet

 

 

 

Que penseriez-vous d'une course d'entraînement précédant Bordeaux-Paris de quatre semaines ?”. Course d’entraînement, tel était le qualificatif qu’attribuaient Théodore Vienne et Maurice Pérez alors qu’ils tentaient de vendre leur concept d’une course pavée, dans le nord de la France au quotidien Vélo. Les temps ont changé, Vienne et Maurice ne sont plus et Paris Bordeaux a disparu du monde professionnel en 1985. Paris-Roubaix, elle, a survécu, relique des prémices du cyclisme de la fin du 19eme siècle, dans un monde moderne qui la considère désormais comme l’une des compétitions les plus dures et prestigieuses à accrocher à son palmarès. Rien que la terminer en soit, relève de la performance. Bien y figurer, de l’exploit. La remporter, du rêve absolu.

 

Damien Gaudin, alors coureur chez Europcar, aime cette course, bien au-delà de toute autre compétition, bercé dès sa plus tendre enfance au son des pavés que tentent de dompter les cyclistes qui s’y aventurent, à la vue de la poussière et de la boue qui maculent les visages. A cette époque c’est Mapei qui domine outrageusement cette course : « Pour moi Roubaix, c'est une légende. J'ai en mémoire les numéros  de Museeuw, de Tafi. Quand je les voyais, ça me faisait rêver ». Souvenirs lointains que ceux de ce gamin qui s’extasiait jadis sur son canapé devant l’écran cathodique d’un téléviseur. Ce 7 avril 2013, Damien Gaudin a désormais 26 ans et se présente à nouveau sur les traces de ses glorieux aînés, prêt lui-même à braver l’Enfer du Nord.

 

«Vu les résultats (victoire sur Paris Nice au prologue et sur les Pays de la Loire) que j'avais eu en amont, je suis devenu leader sur les flandriennes, en plus de Sébastien (Turgot) qui y avait déjà fait de bons résultats les années précédentes ». C’est ainsi en coureur protégé que se présente à l’aube de cette journée le cycliste. Conscient de l’enjeu, Gaudin hume cette ambiance si particulière et unique qui entoure la course aux pavés : « Le réveil, il est différent d’une course ordinaire. On se lève à 7h pour un départ à 10h, soit 2 heures plus tôt que d’habitude. L'atmosphère est particulière autour de nous, il y a 2 à 3 fois plus de personnes dans le staff, ainsi que chez les invités ». Le désormais co-leader d’un jour - mais de quel jour - l’annonce : aujourd’hui, c’est top 10 !

 

Au départ de la course, la confiance est de mise : «Je sortais d'une grosse préparation. Je savais que j'arrivais en grande forme, motivé à 200 %. Je ne lâcherais pas physiquement”. Comme il est de mise depuis quelques saisons désormais, la météo ne versera aucune larme sur le pavé qui restera seul tapissé de poussière. Au départ de Compiègne, le temps est au sec, accompagné d’un froid matinal d’avril : «Je suis parti décontracté, avec jambières et manches longues, chose que je fais très rarement, un peu comme à l’entraînement. Il faut dire qu’on m'attendait surtout dans final donc je pouvais me permettre de partir couvert ».

 

photo : Laurie Beylier

 

C’est au bout de 18 kilomètres que l’échappée matinale prend forme, avec en son sein un Europcar, Björn Thurau, conformément à la stratégie mise en place le matin lors du briefing. Un coup dans l’eau : jamais l’échappée ne bénéficiera de bon de sortie, et la jonction s’opérera au 70ème kilomètre. C’est donc groupé que le peloton aborde les premier pavés et se confronte enfin à la légende. Les pavés. La foule. La poussière qui s'élève en un nuage infini. Le 19ème siècle qui se dessine sous les roues. Le vrai Paris Roubaix peut désormais commencer, à travers les 27 secteurs qui jalonnent la course.

 

Une attaque d’O’Grady lance enfin la vraie bataille. Pour Damien Gaudin il n’est pas encore temps d’agir. Ses coéquipiers ont pour but de l’accompagner, lui et Sébastien Turgot, jusqu’au secteur le plus craint qui s’approche au kilomètre 158 et qui va procéder là au premier écrémage : La Trouée d’Arenberg. Longue de 2400 mètres, ceinte par une forêt aux abords lunaires, aux bas-côtés défoncés par la boue et les crevasses, la Trouée est crainte. Si l’enfer devait résider quelque part sur cette épreuve, c’est ici qu’il y bâtirait son campement. Ses pavés disjoints, aux bords saillants, défoncés, rendus humides par la végétation, sont autant de pièges tendus aux machines des coureurs. La parcelle de terre qui côtoie ce passage peut s’avérer tout aussi piégeuse. Certains y abandonnent toute ambitions, faute à une crevaison, une chute, un ennui mécanique. D’autres s’y fracturent les os, comme Museeuw en 1998. La foule s’y presse massive, bruyante, passionnée, formant une ligne continue de plus de 2 kilomètres. La trouée d’Arenberg est un endroit unique au cyclisme, lit d’une rivière où se déversent les flots rugissants des cyclistes. Infernale pour qui doit la traverser, délicieuse pour qui l’observe.

 

Pour Damien Gaudin, en tout cas, l’instant n’est pas aux délices: «C'est le secteur le plus stressant à passer à Roubaix. Il est stratégique, c'est une longue ligne droite en faux plat descendant et ça roule super vite. On y arrive à 60 km/heure, c'est l’un des secteurs que l'on passe le plus vite et tu sais qu'à la sortie tu peux perdre Paris-Roubaix ». Mais la trouée n’a pas raison du coureur d’Europcar et des favoris du peloton. Tout au plus écrème-t-elle le peloton dont elle dévore la moitié des unités. Pour Gaudin, c’est presque en souriant qu’il sort de l’enfer, proche des premières places: «C'était l'une des première fois que je sortais aussi bien de la Trouée sans m'être mis dans le rouge et sans avoir grillé de cartouches avant le final. Dans la tête ça te met encore plus de motivation parce que quand tu sors d’Arenberg de la sorte, c'est déjà presque une victoire ».

 

Une quarantaine de kilomètres sont avalés alors qu’Hayman et Steegmans, derniers rescapés de l’échappée initiée par Stuart O’Grady, ne sont plus pointés qu’à une trentaine de secondes. C’est alors que Damien Gaudin, toujours accompagné de Sébastien Turgot, applique la stratégie de l’équipe et place un démarrage : « On avait décidé un peu en amont de la course d’attaquer là. Après la trouée, je lui ai dit “je me sens bien, on va faire ce qu'on a dit” ». C’est entre Beuvry la Foret et Orchée que va avoir lieu l'offensive : «Je suis sorti un peu en amont du secteur d'Orchies, un secteur assez difficile parce qu'il est en deux parties et il est vraiment pas bon niveau pavé. Chaque année c'est un endroit transitoire au niveau de la course et ça flotte un peu .Ça se regarde, les gros coureurs attendent parce que c'est encore un peu loin de l'arrivée. C'est souvent des outsiders qui sortent chaque année autour de ce secteur. J'avais décidé de sortir là, sans me mettre dans le rouge mais juste pour prendre de l'avance. Et anticiper ».

 

photo : Thomas Ducroquet

 

Une attaque au parfum d’anticipation car le coureur d’Europcar craint l'offensive des Grands du peloton: «Je savais que même si au train je pouvais accompagner les Boonen ou Cancellara, sur une accélération pure je pouvais pas les suivre à l'époque ». Tandis que le vainqueur du prologue de Paris Nice 2013 rejoint rapidement les échappés, un monstre du cyclisme déclenche les hostilités sur ce même secteur d’Orchies. Il s’agit d’un flandrien suisse d’1m86 et de 81 kilos surnommé Spartacus tant il est craint par ses pairs. Il s’appelle Fabian Cancellara et c’est le grandissime favori du jour en l’absence de son rival Belge, Tom Boonen. L’attaque est redoutable et morcèle le peloton qui se scinde en plusieurs groupes, tandis que les échappés sont repris avant le secteur de Mons en Pévèle à 50 kilomètres de l’arrivée et tout est à refaire.

 

Les attaques s'enchaînent suite au regroupement. Stijn Vandenbergh (Omega Pharma-Quick Step) attaque à son tour rejoint par Step Vanmarcke (Blanco) ainsi que Langdeveld (Orica-GreenEDGE) et Gaudin : «C'étaient aussi des outsiders de la course et je me suis dit que c'était intéressant. C'est pourquoi j'ai décidé de les accompagner. Et quand nous nous sommes fait rejoindre peu de temps après, je me suis encore relancé dans le boulot pour me réchapper. C'est vraiment l'année où j'ai fait le plus d'attaques sur Roubaix ». Contre toute attente, le groupe de tête, composé d’une dizaine de coureurs, comporte un absent de marque. Cancellara s’est fait piéger et la course devient alors incertaine.

 

Malheureusement pour les Europcar qui faisaient alors course parfaite, le second leader de l’équipe, Sébastien Turgot crève. Au pire moment : «Après mon attaque, avec les regroupements on s'est retrouvés ensemble. Je ne  sais plus à l'entrée de quel secteur mais il a crevé. Là je sais que je le perds parce que dans ma tête, à Roubaix quand tu crèves, à la vitesse avec  laquelle on roulait, tu peux pas revenir ». D’autant que l’ancien 2e de l’édition de 2012 n’est guère aidé par sa voiture dépanneuse. Les commentateurs s’en donnent alors à cœur joie, sauf que : «à la télé, ils n'avaient pas vu que c'était Jean-René Bernaudeau qui, en plein stress, n'arrivait pas à remettre la roue. Et les commentateurs de dire “oh là là quelle erreur du mécanicien”  ça nous a bien fait rire après coup ». Après coup certes mais il n'empêche qu’il s’agit là d’un mauvais coup du sort qui sur le moment ne prête pas à rire ni même à sourire : «Je me suis dit “putain on était bien”, tout se déroulait comme prévu. Son Paris-Roubaix s'arrête là et moi j'en avais besoin parce qu’à deux, on aurait peut-être pu faire quelque chose de mieux. On ne le saura jamais».

 

Derrière, c’est du grand Cancellara qui fait trembler le pavé sur son passage. En tout cas, Damien Gaudin n’a jamais douté du retour du favori du jour: «Je me disais qu'il allait arriver à un moment. Parce que c'est sa course. Parce que c'est l'un des plus grands de Paris-Roubaix ». En attendant le retour impressionnant du Suisse, le désormais seul leader d’Europcar tente encore à de multiples reprises d’échapper à la vigilance de ses compagnons d’échappée. Mais les attaques se font progressivement moins tranchantes. A force de vouloir s’extirper du groupe, la fatigue vient à se faire sentir, le coup de pédale devient plus heurté, le pavé plus lourd et les vibrations moins supportables. Le carburant commence à manquer à l’organisme, fortement mis à contribution : « La fatigue arrivait et  dans le final je commençais à être vraiment sec. J'ai attaqué une fois, une deuxième fois, une troisième fois, une quatrième fois...Mais ce n'était plus des attaques assez franches comme auparavant. Plutôt des pétards mouillés pour jauger les mecs. Mais ils avaient bien vu que je marchais fort et que je pouvais les priver de podium. Donc ils venaient me chercher à chaque fois ».

 

photo : Nicolas Richaud

 

Ce que n’arrive pas à réaliser Damien Gaudin, d’autres vont y parvenir. Step Vanmarcke et Vandenbergh prennent la poudre d’escampette, une trentaine de kilomètres avant le vélodrome. Au même moment Cancellara, impérial, rejoint le groupe qu’il lâche peu après pour s’envoler à la poursuite du duo de tête. Le pistard d’Europcar, si peu avare d’effort depuis 50 kilomètres laisse désormais faire : «Dans le final, j'ai commencé à en garder sous la pédale, parce que je sentais que le podium était jouable. Mais quand Cancellara est parti, c'était à des coureurs de renom, comme Greg Van Avermaet, d'aller le chercher. Mais personne n'y a été excepté Stybar. Tout le monde était sec.  À ce moment-là de la course j'avais déjà assez donné et très honnêtement je pouvais tout simplement pas y aller ». Au sortir du Carrefour de l’arbre, fatal à Vandenbergh qui chute imité peu de temps après par Stybar, les deux hommes de tête, Cancellara et Vanmarcke possèdent plus d’une minute d’avance. La victoire se jouera entre eux. Reste désormais à savoir qui figurera sur la 3e marche du podium.

 

Ce pourrait être Damien Gaudin. Sauf que le pistard, à force d’attaquer, ne sait plus quelle place il est en train de jouer. Les oreillettes ne fonctionnent pas : «sur Roubaix franchement on n'entend pas grand-chose avec le bruit du public ... l'oreillette sert dans les deux trois - premières heures de course mais après on est tellement dans un autre monde... Chaque fois qu'on traverse un secteur on a l'impression d'être sur un stade de foot. En plus la voiture est trop loin ». La clameur de la foule, la harangue de ces amoureux de Roubaix, si elle transporte les coureurs, les étourdit tout autant. Il en faut de la concentration et du contrôle pour ne pas se laisser enivrer par les cris d’encouragements qui raisonnent sur les chemins pavés : « Franchement je ne savais plus pour quelle place je courais »

 

De ce groupe d’outsider dans lequel figure l’actuel ancien pensionnaire d’Ag2r, s’extirpent Niki Terpstra et Greg Van Avermaet à la faveur d’un long faux plat montant qui mène à Roubaix, quelques kilomètres avant l’arrivée. La fatigue à fait son œuvre, ce faux plat constitue l’ultime difficulté du jour : «ce faux plat, il paie pas de mine, en temps normal c'est facile. Mais à la fin de Roubaix tu le passes à 25, à 30 km/h. C'est super dur tu as l'impression que c'est un col (rire) ». Toujours est-il que personne ne part à la poursuite des deux coureurs. Damien Gaudin tente le tout pour le tout et parvient à les rejoindre à 1km500 de la ligne d’arrivée: «Personne n'y allait... Là je me suis dit: “putain allez, c'est peut-être la dernière cartouche que tu dois mettre dans ta journée” et j'y suis allé. Derrière, personne n’est venu me chercher et je suis rentré tout seul sur eux. Je gagne ma place de 5 grâce à cette cartouche ».

 

C’est dans cette position inédite pour lui que le leader d’Europcar entre dans le vélodrome : «Là je me suis dit “putain je suis là qu'est-ce que je fais là? “J’étais avec les meilleurs coureurs mondiaux et c'est là que je me suis demandé: “ mais je cours pour laquelle place en fait ?” ». Devant, Spartacus a remporté un 3ème pavé devant Vanmarcke. Derrière, Gaudin enclenche le sprint. En vain : «J'ai essayé de lancer le sprint en premier. C’était peut-être une erreur, pourtant je suis un pistard. Mes dernières forces avaient été mises pour jouer le podium. J'étais cuit. Vraiment cuitOn  arrivait pour la place de 3 et j’ai fait 5. Cette image je l'ai toujours dans la tête... Putain, j'aurais pu faire 3 de Roubaix! Mais déjà pour le coureur que j'étais, faire 5 à Roubaix, c'était déjà incroyable ».

 

A ce moment-là, épuisé, l’actuel pensionnaire de l’équipe Armée de Terre tombe dans les bras de son frère, alors assistant chez Europcar. Sonné comme un boxeur : «il m'a dit: « putain frangin, tu fais 5e de Paris-Roubaix“. Moi je lui ai répondu “non” et lui a insisté:” si, si tu fais bien 5e de Paris-Roubaix!” ». Lui qui ne savait même pas pour quelle place il avait lancé son sprint “probablement un top 10”, s’affale sur la pelouse entouré par une nuée de journaliste: « C'est bien la première fois qu'il y avait autant de monde autour du moi après une arrivée alors que je n'avais même pas gagné. C'est là que tu te rends compte de l'ampleur de cette course. »

 

Une fois passé l’effervescence de la fin de course, et des sollicitations diverses, il est temps de partir. Paris Roubaix a rendu son verdict et a sacré une nouvelle fois le plus flandrien des Suisses. Et a permis à un coureur français de tutoyer les étoiles l’espace d’une journée : « Oui c'est un exploit, bien sûr ça restera gravé à vie. Roubaix c'est les images de quand j'étais petit dans mon canapé avec mes parents. Je me dis que peut-être des petits du même âge ont pu aussi rêver ce jour-là en me voyant finir 5e ». Pas de fête avec l’équipe, la vie nomade de chacun doit reprendre son cours et le calendrier sportif, reprendre ses droits. C’est dans un restaurant à Nantes, le soir même, que Damien Gaudin célébrera son excellent résultant entouré de quelques amis. Loin des pavés, de la poussière, de la foule et des journalistes.

 

Après un passage compliqué chez Ag2r La Mondiale, le natif de Beaupréau retrouve une deuxième jeunesse chez l’équipe cycliste de l’Armée de Terre. Et semble envoyer un signal : non, à 30 ans, il n’a pas achevé son cycle professionnel. Malheureusement, son équipe n’a pu obtenir un précieux sésame, et l’Enfer du Nord ne sera pas au programme de Damien Gaudin ce dimanche. Un vrai pincement au cœur : « Normalement, dimanche, je devrais être sur Roubaix. C’est ma course et ça me fait chier de pas la faire.  Je sais pas si je vais la regarder si dimanche je cours, en fait je ne pense pas la regarder C'est la course d'un jour la plus belle à mes yeux. Mais à la télévision,  ça va faire bizarre... ça me fait chier ».

 

De quoi nourrir une certaine rancœur vis à vis de cette amante infidèle qui s’offre à d’autres et se refuse à lui ? « Je suis un amoureux de Roubaix, pourquoi être revanchard de cette course? » . Après tout, ce ne doit être qu’un au revoir éphémère. Les retrouvailles auront lieu un jour prochain, Damien Gaudin préfère pointer du doigt le positif de cette absence : « Finalement ça va me permettre de me faire oublier cette année et quand je reviendrai, ils ne me connaîtront plus et ne se méfieront plus de moi ».


Et annonce d’ores et déjà la couleur : « Dans ma tête je sais que je vais la refaire et que je viendrai pour jouer un podium »

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